philosophie

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quotidien du... mercredi, 18 août 2010

Déterminisme et libre arbitre

Déterminisme et libre arbitre

photo: lempicki maciek


Un possible résumé de Déterminisme et libre arbitre : Entretiens présidés par Ferdinand Gonseth, recueillis et rédigés par H. S. Gagnebin, Ed. Griffon, Neuchâtel, 1944

pour une présentation moins synthétique voir cet article de Philippe Lestang


Une thèse qui préside à la démarche de Gonseth et que l'on retrouve à la fin de ce livre comme confirmation du succès du cheminement effectué, est que la philosophe doit emprunter ses méthodes à celles de la science bien comprises.

Pour ce faire, il interprète l'histoire des sciences comme le succès confirmé de l'application d'une méthode qui conduit à toujours plus d'efficacité [1] et de précision dans la prévision des phénomènes. Un des principe important de cette méthode est que certaines évidences sommaires doivent céder sous le poids de l'expérience [2]

Le choix de céder est conçu comme un signe d'ouverture qui s'oppose à la fermeture [3] de ceux qui font le choix de n'utiliser face aux défenseurs de systèmes concurrents uniquement des arguments de la même nature que leur propre système, autrement dit basé sur les mêmes principes [4] que ceux qui président à leur doctrine.

Gonseth suggère alors que dans le problème qui occupe les intervenants, c'est l'évidence sommaire de la contradiction entre les évidences propres au déterminisme et celles du libre arbitre [5] qui doit céder pour faire place à l'idée d'une complémentarité des deux points de vue. Celle-ci est bâtie sur le modèle d'une analogie avec ce qui s'est produit dans l'histoire de la physique moderne entre le point de vue corpusculaire et ondulatoire de la lumière. 

Si le principe de complémentarité introduit par Niels Bohr en physique fait intervenir les implications réciproques des mesures inhérentes au principe d'indétermination d'Heisenberg, la complémentarité à l'oeuvre dans le couple déterminisme et libre arbitre doit faire du versant moral une condition du versant phénoménal et réciproquement. 

Ainsi le déterminisme s'applique à la réalité de notre observation à condition de pouvoir mesurer l'espace et le temps qui sont eux-mêmes, selon Gonseth, des créations sommaires et révisables de notre esprit, qui ne les emprunte pas à l'observation, comme le pensent les empiristes. De façon réciproque le libre arbitre se manifeste par le choix d'un parti à prendre, dont on ne peut apercevoir les conséquences que si nous les prévoyons jusqu'à un certain point, à l'aide d'un déterminisme pratique. 

Lors de la découverte d'un théorème par exemple, l'évidence surgit souvent tout à coup après que l'esprit ait choisi, entre hypothèses et conclusion, les données qui pourraient lui être utile [6]. Cette évidence semble alors résulter de la force des choses en même temps qu'elle consacre l'acte libre de l'esprit. La consistance relative des géométries euclidienne et lobatschewskienne témoigne de l'existence d'ordres rationnels différentes et contradictoires portant sur un même domaine. 

Les ordres rationnels seraient donc des réalités humaines. Tenir compte en même temps de la valeur efficace de ces ordres rationnels et de leur relativité à notre esprit, c'est précisément fonder cette dialectique ouverte que Gonseth nomme l'idoneisme.

Notes

1On peut bien sûr demander plus de précisions concernant ce qu'on appelle l'efficacité de telle ou telle science. On dira bien entendu qu'un science est efficace si elle permet d'atteindre les fins qu'elle s'est fixée et ajouter qu'entre deux théories qui rendent les mêmes services relativement à un ensemble donné de fins on choisira la plus simple. Seulement, il se pourrait que l'évaluation de cette simplicité soit elle-même relative à d'autres fins ou valeurs qui ne relèvent pas du domaine de la prédiction ou à la production de tel ou tel phénomène. On peut penser à l'élégance des dites théories, élégance relative par conséquent à une certaine idée du beau; ou on peut songer encore à la facilité avec laquelle ont pourrait les enseigner à ceux qui ne les maîtrisent pas encore. Sur un sujet connexe, qui consiste à savoir quelle(s) hypothèse(s) modifier lorsqu'une expérience ne coïncide pas avec les prédictions d'une théorie, le holisme de W. V. Quine suggère de choisir de mutiler le moins possible ce qu'il nomme « notre schème conceptuel global », compris comme l'ensemble des dépendances logiques de toutes nos hypothèses sur le monde. Autrement dit, de ne pas toucher par exemple au principe de non-contradiction qui se trouve au centre de la nébuleuse de nos affirmations théoriques. Il insiste également sur le fait que ce n'est que la « périphérie » de cette nébuleuse qui est en contact avec l'expérience, expliquant en ceci que ce n'est pas qu'un énoncé théorique que l'on soumet à l'expérimentation, mais tout un ensemble d'énoncés. (voir par exemple Two dogmas of Empiricism ou On Simple Théories of a Complex World ou un commentaire de La poursuite de la vérité)

2Ici réside un point assez difficile à interpréter. Les exemples que Gonseth convoque à cet effet relèvent de différentes disciplines. On peut développer l'un d'entre eux un peu autrement qu'il ne l'est fait dans son livre. Historiquement, une évidence de « bon sens » consistait à supposer que le soleil tourne autour de la terre pour expliquer le jour et la nuit, théorie naïve qui fut raffinée successivement par Aristote, Eudoxe et Hipparque pour culminer avec Ptolémée. Copernic quant à lui entreprit de montrer qu'un système géocentrique rendait les mêmes services que celui de Ptolémée, notamment le mouvement rétrograde des planètes mais que le sien était plus simple. Mais c'est seulement les observations très précises de Tycho Brahé qui ont suggéré à Kepler que les anomalies dans les révolutions des planètes conçues depuis l'antiquité comme nécessairement circulaire en raison de l'autorité de la physique aristotélicienne étaient à interpréter comme des ellipses dont un des foyers était le soleil, rendant ainsi bien mieux compte de l'observation.

3Dans ce livre, les deux systèmes « fermés » qui cohabitent et s'excluent sont ceux de l'Individualiste-antidéterministe (nietzschéen?) et celui du Déterministe (qui n'est pas présent mais dont la doctrine est dans un premier temps jugée attractive par tous les intervenants) après qu'ils aient constaté à quel point la pratique déterministe montrait une efficacité indiscutable dans tous les domaines de la connaissance (des mathématiques à la sociologie en passant par la psychiatrie). La doctrine attribuée à l'individualiste est très peu explicitée. On le fait dans un premier temps citer Nietzsche : « ...Tout ce qui peut être dénombré et saisi vaut pour nous peu de chose : ce que la « compréhension » ne nous permet pas d'atteindre a pour nous plus de prix. La logique et la mécanique ne s'appliquent qu'aux choses les plus superficielles... » ou encore « La croyance en la causalité remonte à l'idée que c'est moi qui agis, au départ entre « l'âme » et son activité. C'est donc une antique superstition. »

4Ici encore, le texte n'est pas très explicite. Un protagoniste de la discussion donne l'exemple d'un Idéaliste qui défendrait son système philosophique à l'aide d'arguments idéalistes. Pour rendre concrète cette situation, il faut peut-être lui imaginer un adversaire Empiriste. Le premier (faisons le Idéaliste transcendantal, à la Kant) ne croirait pas que les sens nous fournissent des données immédiates sur le réel (chose en soi, indépendant de la pensée), mais seulement sur les phénomènes (le réel, tel qui nous apparaît, tel qu'on se le re-présente), en arguant que les conditions de possibilité de toute connaissance véritable, comme celles exprimées dans les mathématiques , impliquent l'existence de formes a priori de la sensibilité (espace et temps), qui en tant que formes de notre intuition pure (le moyen de percevoir les évidences géométriques ou arithmétiques) ne sont pas des conditions des objets en tant que choses en soi et donc pas des déterminations de ceux-ci. L'Empiriste (que je ferais empiriste logique) qui estime lui que les objets de sensations sont les seuls objets d'une connaissance véritable, et que toute autre connaissance exprimée par des « énoncés théoriques » doit en principe pouvoir être réduite logiquement à une composition de sensations élémentaires exprimé par des « énoncés observationnels », argumenterait contre l'Idéaliste que ce qu'il théorise comme « intuition pure » ou « formes a priori » ne peut pas être réduit à des faits observables.

5Ainsi que je l'ai dit dans la deuxième note, les évidences propres au déterminisme naissent du constat de l'efficacité pratique de la recherche objective, orientée par l'idée de causalité. Louis de Broglie précise d'ailleurs que si certains on dit qu'en physique quantique, il y avait encore déterminisme mais plus de causalité, il lui paraît plus naturel de dire qu'il n'y a plus de déterminisme, mais qu'il y a encore causalité en donnant à ce terme un sens élargi. Ainsi si à un phénomène A succède toujours l'un quelconque des phénomènes B1, B2, B3, ... et si, de plus, aucun des phénomènes B1, B2, B3, ... ne se produit si A ne s'est pas produit, on pourra dire que A est la cause des phénomènes B1, B2, B3, ... Il n'y aura déterminisme que dans le cas limite (ou « cas purs ») où il n'y a qu'un seul phénomène B. (d'après Initiation à la physique, traduit de l'allemand par J. DU PLESIS de GRENEDAN. Paris Flammarion, 1941, p 109-111) Les évidences propres au libre arbitre sont elles d'un genre différent. Gonseth dit qu'elles provienne « d'une dialectique qui prend en quelque sorte un mouvement contraire à la dialectique déductive. Elle ne fait pas sortir les effets de leurs causes, ou les conclusions des prémisses; au contraire elle formule les exigences pour que ce qui existe indubitablement ne soit pas niable. C'est la dialectique des conditions nécessaires, la dialectique qui remonte des fins à leurs conditions.» (p. 106) Un exemple de l'utilisation de cette dialectique est emprunté à Descartes qui après avoir douté de tout (j'ajouterais, sinon de son langage, au moins mental) se rendait compte que pour douter il fallait qu'il pense et que pour penser il fallait qu'il soit : cogito ergo sum. Les évidences propres au libre arbitre, nous dit Gonseth, vont pouvoir être identifiées en remplaçant le cogito par l'existence incontestable de la connaissance objective et en cherchant ses conditions préalables. Parmi celles-ci l'intervenant mathématicien rappelle que la pratique des mathématiques implique une certaine liberté, comme celle de faire une hypothèse ou de supposer vrai se que l'on veut montrer être faux. Un autre intervenant cherche ensuite à démontrer que la vérité implique une certaine liberté, suivant en ceci Spinoza (Etique Iième partie, prop. XLII, scolie) En effet la vérité est à comprendre comme sa propre norme que l'on peu suivre ou enfreindre. Ainsi, il faut distinguer norme et loi. Une loi physique ne peut cesser de s'appliquer, alors que la vérité est une norme, qui fonctionne comme une règle. Je peux par exemple dans un calcul physique tenir compte d'une loi mais ne pas appliquer la règle qui impose de se servir d'un système d'unités homogènes. Le vrai implique donc une certaine indépendance (ou autonomie) de l'esprit pour saisir le vrai et le rendre opérant. En ce sens, si le déterminisme absolu était vrai, nous serions totalement déterminés dans nos démarches, qu'elle soient conformes aux règles ou qu'elles les enfreignent. Il n'y aurai donc plus ni vrai ni faux. ( pages 109-111).

6Je me permets de citer Henri Poincaré dans Sciences et Méthode, Chapitre III : « Une démonstration mathématique n'est pas une simple juxtaposition de syllogismes, ce sont des syllogismes placés dans un certain ordre, et l'ordre dans lequel ces éléments sont placés est beaucoup plus important que ne le sont ces éléments eux-mêmes. (...) Qu'est-ce, en effet, que l'invention mathématique ? Elle ne consiste pas à faire de nouvelles combinaisons avec des êtres mathématiques déjà connus. Cela, n'importe qui pourrait le faire, mais les combinaisons que l'on pourrait former ainsi seraient en nombre infini, et le plus grand nombre serait absolument dépourvu d'intérêt. Inventer, cela consiste précisément à ne pas construire les combinaisons inutiles et à construire celles qui sont utiles et qui ne sont qu'une infime minorité. Inventer, c'est discerner, c'est choisir. » Dans la suite de ce texte Poincaré suggère l'hypothèse d'un inconscient libre, mais orienté par le travail préalable de la conscience, qui serait opérant pendant les périodes de repos du travail mathématique conscient et même perceptible pendant des périodes d'intense excitation physique.

quotidien du... lundi, 6 avril 2009

Impuissance ?

impuissance ? photo : Nasos3 (original : L.DaVinci ?)

Qu'est-ce donc que ce sentiment de ne point être à sa place et de douter même que quelque place fut bonne pour soi ?

Comment ne point se persuader que l'on en a déjà assez vu pour tout ce qui peut "raisonnablement" s'offrir à nous et point assez pour ce qui pourrait excéder nos possibilités ?

Faut-il toujours et encore croire que le sens ne réside pas dans ce qui n'est pas mais uniquement dans ce qui est ?

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quotidien du... dimanche, 16 novembre 2008

Limites de l'intuition

intuition photo : carf


Dans certains cas, il est recommandé de suivre son intuition, dans d'autres non.

Ainsi, pour reprendre le thème de mon précédent billet, si on me donne seconde pour choisir de miser ou non 1 frs avec 1 chance sur 10 d'en gagner 1'000'000, personne ne me recommandera de prendre le temps d'effectuer un calcul d'espérance de gains. Il en ira autrement s'il s'agit de gagner 10 frs.

Parfois pourtant, il n'est pas aisé de savoir si l'on doit s'en remettre à son intuition ou non.

Par exemple, imaginez que vous entouriez un ballon de basketball à l'aide d'une fine corde noire à l'endroit où le diamètre du ballon est le plus grand. Prenez maintenant une corde rouge et faites de même, mais en prenant soin de laisser cette fois-ci une distance d'un mètre entre la corde et le ballon. Il y a évidemment une différence de longueur entre la corde rouge et la corde noire.

Faites maintenant (grâce à votre imagination) la même chose avec la terre: une corde noire serrée autour de l'équateur, et une rouge qui respecte partout une distance d'un mètre avec ce même équateur. Il y a évidemment, c'est "intuitif" une différence de longueur entre ces deux cordes.

Se pose maintenant une question : Est-ce que la différence de longueur entre ces deux dernières cordes est plus grande, plus petite ou égale à celle des cordes qui entourent le ballon de basketball ?

Intuitivement je dirais "plus grande", mais en fait ce n'est pas le cas. La différence de longueur est la même, elle vaut environ 6.28 m

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quotidien du... samedi, 30 août 2008

Eternel retour

photo : borya


Se forcer à écrire avais-je préconisé, et cela à l'encontre de l'apparente hiérarchie des priorités.

Qu'y a-t-il encore à dire ? Ne reste-t-il pas tout à faire ? A quels signes reconnaît-on qu'il est temps de penser ? Est-ce lorsque l'action tourne en boucle, lorsque des problèmes similaires, appellent des réponses préparées ? Ou alors, cette pensée que je vise, n'est-elle rien d'autre que l'état mental qui accompagne l'action ?

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quotidien du... mardi, 15 juillet 2008

A quoi bon la philosophie (bis).

image : Edward Hopper, excursion into philosophy

Ressources : la bibliothèque de Babel d'après l'oeuvre de Jorge Luis Borges


Philosophie, philosophie...

A quoi bon la philosophie, m'étais-je questionné une fois. Cette interrogation revient sans cesse, posant en même temps qu'elle et comme à côté d'elle le trou béant d'une vie non philosophante. Comment ne pourrais-je point me poser des question d'un certain type, ou plutôt, comment pourrais-je arrêter de me lancer dans leur analyse ?

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quotidien du... samedi, 12 avril 2008

égoïsme et altruisme

égoïsme et altruisme photo: Chach Coati


N'avez jamais entendu ou soutenu vous-même la thèse selon laquelle l'homme serait fondamentalement égoïste ?

Cette thèse à pour elle bon nombre de faits intérieurs comme extérieurs qui ont vite fait de tendre à une généralisation à mon sens bien abusive.

Voyons cela :

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quotidien du... vendredi, 14 décembre 2007

De la connaissance à la conscience

photo : CinemaCowgirl


Je sais que le soleil est distant de 149 597 870,691 kilomètres, mais en ai-je conscience ?
Je sais que la démocratie est le moins pire des systèmes politiques, mais en ai-je conscience ?
Je sais que je vais mourir, mais en ai-je conscience ?

Qu'est-ce que je veux dire quand je dis que je sais ? Quelle est la différence d'avec la conscience ?

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quotidien du... mardi, 16 octobre 2007

Justice connaissance et communauté - l'idéalisme pragmatique de Socrate

nul n'est injuste volontairement - Socrate photo : pingnews.com ici : Procès de Nuremberg : execution du général allemand Anton Dossler.

Ressources : Platon. Gorgias (Traduction, notice et notes d’Émile CHAMBRY)
Platon, Criton (traduction Victor Cousin)


" Quelqu'un qui connaît le juste ne peut commettre d'injustice. "

La vie de Socrate tend à nous faire croire qu'il ne considérait pas les décisions de la justice athénienne comme justes en soi, mais il ne rechigna pas semble-t-il, comme nous le décrit le Criton, à s'y soumettre par justice justement. Ainsi il subordonnait la justice des hommes à l'idée qu'il se faisait de la justice, une justice avec laquelle il semblait avoir quelque acquintance toute particulière.

Mais cette grande proximité, cette immédiateté pourrions-nous dire, était-elle de l'ordre de la connaissance, ou bien existe-t-il proximité plus grande entre une idée et un esprit ? Comment le principe cité plus haut, peut-il valoir en fait et d'abord déjà en droit ?

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quotidien du... mardi, 18 septembre 2007

Steve Coleman, " Pourquoi j'offre une partie de ma musique "

Un essai sur ma philosophie de la distribution de musique enregistrée. Traduction à partir de l'Anglais et discussion.

photo : punkiluz

Ressources : Musique partagée par Steve Coleman


Ci-dessous une traduction d'un texte de Steve Coleman " An essay on my philosophy on the distribution of recorded music " et une courte discussion de ces enjeux. (Voir aussi mon article portant sur La question du droit d'auteur)

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quotidien du... dimanche, 16 septembre 2007

Pensées de Discothèque

photo : Peter de Krom

ressources : Rubayat, par Omar Khayyâm


Début de soirée, sous les tournoiement des spots colorés, les Quatrains d'Omar Khayyam sous le bras et dans la tête, je compose quelques aphorismes:

Qu'a donc semé le vent dans mon argile ?
Est-ce un fleur ou un arbre ?
Il lui manque très certainement la vue.
Ou serait-ce un miroir ?

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quotidien du... vendredi, 14 septembre 2007

La question du droit d'auteur

texte, son et image photo : Jadon Ulrich

lien : Guénaël Visentini, justiceblog, Internet et la question du droit d’auteur


Depuis que l'on a inventé des supports susceptibles de reproduire facilement et fidèlement texte et musique, l'écrivain et le musicien se sont distancés des mécènes pour financer leurs créations par le biais des droits d'auteur :

l’auteur a un droit patrimonial sur son œuvre pendant un certain nombre d’années à compter de la première cession du droit (dix ans en 1791, soixante-dix aujourd’hui), après quoi l’œuvre tombe dans le domaine public et appartient à l’humanité ; il a également un droit moral, inaliénable, perpétuel, imprescriptible, qui lui donne le pouvoir de veiller au respect de l’intégrité de son œuvre, de retirer celle-ci de la vente, de s’assurer que son nom y est attaché, etc[1].

Aujourd'hui, le support du texte et du son est devenu bien moins palpable que ne l'est un livre ou un disque. S'il y a encore des supports, il faut penser à des serveurs, des disques durs, des CD-DVD ROM et autres clés USB qui stockent l'information textuelle ou sonore sous forme de nombres susceptibles, une fois leur transformation en texte ou en son effectuée par un logiciel ad hoc, d'être affichée ou jouée sur des écrans ou par des haut-parleurs.

Si la nouveauté ne se limitait qu'à cela, les auteurs pourraient se réjouir de la possibilité de diffuser plus facilement leurs œuvres via ces supports moins couteux et moins volumineux (relativement à la quantité d'information stockable).

Seulement voilà, la technologie numérique permet une reproduction aisée et quasi instantanée de l'information en même temps que leur diffusion quasi mondialisée (grâce aux réseaux privés ou publics, comme internet).

Quid, donc du droit d'auteur ? Doit on retourner au mécénat qui implique peut-être moins de liberté pour l'auteur ? Y'a-t-il des moyens techniques de limiter la reproduction et la diffusion numérique de l'information ? Doit-on taxer les supports ou l'accès à l'information ? Ou bien faut-il renoncer à toute possibilité de ce genre et accepter de restreindre à peu de chose le droit d'auteur?

Voilà des questions épineuses que notre société se pose et qui incitent à penser, et par là repenser certains concepts trop facilement figés.

Notes

[1] c.f article en lien

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quotidien du... mercredi, 5 septembre 2007

De la certitude

photo : synecdoche

ressources : René Descartes, Le discours de la méthode
René Descartes, Méditations Métaphysiques


a: - Je désire avoir une certitude.

b: - N'es-tu point déjà certain que tu désires avoir une certitude ?

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quotidien du... dimanche, 26 août 2007

Auto-critique : Cynisme

critique de l'urgence photo : Jon.-

Ressources : Manuel d'Epictète


Ma façon de rédiger des textes sur un blog, dépend d'une certaine urgence, un certain tempo diraient d'autres, qui fait qu'on passe volontiers sur des difficultés, et peut-être des non-sens, non clarifiés, tout emporté que l'on est, comme dans une conversation, par une intuition ou ce qui apparaît comme un besoin.

Je veux donc essayer ici de revenir sur ce que j'ai écrit et formuler, aussi bien que ma sincérité me le permette, quelques critiques et commentaires:

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quotidien du... mardi, 21 août 2007

Problème de jalousie

logique de la jalousie ''photo :" godiche's world

Passer la rivière...

Trois maris jaloux se trouvent de nuit avec leurs femmes au passage d'une rivière où ils ne rencontrent qu'un petit bateau sans batelier, si étroit qu'il n'est capable que de deux personnes, on demande comment ces six personnes passeront deux à deux, tellement que jamais aucune femme ne demeure en compagnie d'un ou deux hommes si son mari n'est pas présent.

énigme proposée par cultureMATH

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quotidien du... dimanche, 19 août 2007

Géométrie de la règle - problème VI

perpendiculaire photo : Nanci

Ressources : générer une image de ce type (une fois sur le site cliquez sur "lunch applet"). nécessite Java.
Site du concepteur : JARED TARBELL
Logiciel utilisé : Processing (beta)


Dans la série des problèmes proposée par Jean-Henri Lambert 1728-1777 dans ses 15 problèmes de géométrie de la règle dont j'ai déjà parlé dans un précédent article on en trouve un qui me plaît par l'astucieuse construction qu'il se propose de nous faire effectuer.

Voici d'abord le problème : Un cercle étant donné avec son centre, abaisser un perpendiculaire à une ligne donnée à l'aide d'une seule règle.

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quotidien du... jeudi, 16 août 2007

Géométrie de la règle - problème V

Géométrie de la règle - problème V photo : e-mago

Logiciel : GeoGebra - logiciel de géométrie gratuit


Quels problèmes géométriques peuvent être résolus uniquement avec une règle (non graduée) ?

Quand on sait que le compas permet de rapporter des longueurs dans nimporte quelle direction, on est en droit de se demander si l'on peut faire de la géomètre sans lui. Eh bien oui, cette géométrie s'appelle la géométrie projective et a donné lieu à des théorèmes remarquables comme le théorème de Pascal, le théorème de Pappus, le théorème de Desargues, le théorème d'Hessenberg.

Je vous propose aujourd'hui le problème suivant tiré de Jean-Henri Lambert 1728-1777 - les 15 problèmes de géométrie de la règle - PDF) cité dans l'article précédent:

Soit deux droites a et b qui se coupent à l'extérieur de la feuille de dessin, et un point E extérieur à ces droites. Comment construire la droite j passant par E de telle sorte qu'elle coupe les droites a et b au même point d'intersection?

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quotidien du... jeudi, 2 août 2007

n(n+1)(n+2)(n+3)=carré ?

quadratures photo : hello_jed


Démontrez qu'il est impossible que le produit de quatre nombres entiers successifs supérieurs à 0 soit un carré.

Autrement dit que pour tout entier x et pour tout entier y différents de 0,

x(x+1)(x+2)(x+3) est différent de y2

On peut d'abord s'en convaincre par tâtonnements :

1 x 2 x 3 x 4 = 24 ; notons que 25 = 5 x 5

2 x 3 x 4 x 5 = 120 ; notons aussi que 121 = 11 x 11

3 x 4 x 5 x 6 = 360 ; notons enfin que 361 = 19 x 19

Il semble que tout produit ainsi défini manque le carré d'une unité.

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quotidien du... mardi, 31 juillet 2007

Ecrire vs Dialoguer

Ecriture VS dialogue photo : idaresay


Thème : A quoi bon écrire lorsqu'on peut dialoguer, à quoi bon dialoguer quand on peut écrire, à quoi bon devoir choisir ?

Il y a des moments où un doute radical s'immisce dans l'activité symbolique de création de signes et plus particulièrement dans l'écriture et le dialogue : Je soupçonne tout le monde de connaître ou d'avoir connu cette tension existant entre la volonté de dire quelque chose et la volonté d'être entendu.

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quotidien du... mercredi, 28 février 2007

Paradoxe

paradoxe de l'induction photo : Life on the Edge


Bataille,

Thème du jour : De la confirmation.

J'ai bataillé pendant une journée avec le paradoxe apparent d'Anaximandrake pour lui trouver une issue de bon sens, mais ne suis pas encore satisfait du résultat...

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quotidien du... vendredi, 23 février 2007

Pénurie

politique énergétique photo : mainblanche


Premiers pas de ma fille,

Thème : De l'énergie.

Nous sommes à l'aube d'une révolution dans de notre façon de consommer, de nous déplacer et donc de nous rencontrer.

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quotidien du... mercredi, 21 février 2007

Calculus

pierre qui roule n'amasse rien du tout photo : StrudelMonkey


Fatigué,

Thème : De la valeur de l'argent.

Supposons que l'on multiplie par 10 la somme que j'ai à la banque. Quelles en seraient les conséquences économiques ?

Je ne suis pas sûr d'avoir encore trouvé la réponse à cette question saugrenue.

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quotidien du... mardi, 20 février 2007

Nombre

nombre de Dieu - lieu des nombres photo : jwinterscom


Aujourd'hui,

Thème: Des types d'être.

J'aime écrire au tableau noir le nom d'un élève, mettons Martin, et lui demander ce qu'il y a au tableau. En général, l'élève répond : " Il y a le nom Martin ". Je dis alors, en effet " Martin " est bien le nom de Martin, d'ailleurs il est ici (et je le désigne du doigt).

Ensuite j'écris le chiffre "5" au tableau ...

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quotidien du... lundi, 19 février 2007

Cynisme

cynisme et pragmatisme photo : svenwerk

traduction du texte de la photo : place d'attente pour les personnes en chaise roulante


Bien,

Thème : De la difficulté du pragmatisme.

Aujourd'hui j'ai à nouveau fait la rencontre de ces pensées cyniques, de ces pensées qui sont comme un début de violence : j'ai pensé politique, j'ai pensé collègues, j'ai pensé travail.

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quotidien du... lundi, 1 janvier 2007

Qui suis-je - Que suis-je ?

rencontre  et mouvement photo : insistonheinz


Au delà d'une "chose pensante", avec toute l'indétermination liée à ces mots , je veux bien me livrer au jeu du tag c'est à dire à l'étiquetage de propriétés essentielles ou accidentelles qui font que dans le grand catalogue des choses, on puisse m'assigner une place et peut-être même une fonction.

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