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  <title>philosophie - inconscient</title>
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  <description>philosophie au quotidien : pensées, journal de bord, liens et ressources.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 25 Jul 2008 03:22:01 +0200</pubDate>
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    <title>Lectures estivales... Alain et Fournel</title>
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    <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 23:35:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Niklaus Vonderflu</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Alain</category><category>Caire</category><category>corps</category><category>Dieu</category><category>inconscient</category><category>justice</category><category>liberté</category><category>Maroc</category><category>marxisme</category><category>Paul Fournel</category><category>philosophie</category><category>pouvoir</category><category>ressources</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://ec1.images-amazon.com/images/I/41PK0SG4DEL._AA240_.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;               &lt;img src=&quot;http://ec1.images-amazon.com/images/I/31SWH2NGQEL._AA240_.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ressources :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/classiques/Alain/elements_de_philo/elements_de_philo.html&quot; title=&quot;Eléments de philosophie&quot;&gt;Alain, Eléments de philosophie&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/classiques/Alain/Alain.html&quot; title=&quot;textes d'Alain&quot;&gt;autres textes&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&amp;amp;idconf=1673&quot; title=&quot;La preuve ontologique de l'existence de Dieu&quot;&gt;La preuve ontologique de l'existence de Dieu - Cyrille Michon (univ. Nantes) - Audio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;L'été est pour moi toujours l'occasion de lire un peu plus assidument que d'habitude.
Je ressors ainsi de mes vacances avec un nouveau programme de réflexion et de nouveaux exemples à examiner.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai ainsi essentiellement trainé dans deux livres :&lt;/p&gt;    &lt;h2&gt;&lt;strong&gt;Alain, Eléments de philosophie&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;


&lt;p&gt;Je suis enfin arrivé au terme de cette lecture commencée il y a sans doute une année. Elle suit celle deux autres ouvrages d'Alain, &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/classiques/Alain/propos_sur_le_bonheur/propos_sur_le_bonheur.html&quot;&gt;''Propos sur le bonheur''&lt;/a&gt; et &lt;em&gt;Platon&lt;/em&gt;. Il est étonnant que je ne soit pas venu à cet auteur plus tôt, tellement je retrouve des intuitions propres dans certains de ses axes de pensée, notamment l'idée que &lt;em&gt;tous les philosophes ont dit la vérité&lt;/em&gt;.  Je me souviens pourtant l'avoir effleuré lors ma première année d'études de philosophie dans un cours portant sur le scepticisme, mais c'est &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwig_Wittgenstein&quot; title=&quot;Ludwig Wittgenstein - wikipedia&quot;&gt;Wittgenstein&lt;/a&gt; et son &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_certitude&quot;&gt;''De la certitude''&lt;/a&gt; qui avait alors retenu mon attention pour un travail de synthèse. Je me souviens  pourtant du léger trémolo de la voix de notre Maître lorsqu'il avait abordé ce philosophe, mais je n'y avait pas prêté assez attention, tout tendu que j'étais par ma volonté de saisir ce qui se disait, et par manque d'intuition sans doute...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors que dire sur cette ouvrage ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un peu abscons dans sa première partie portant sur &lt;em&gt;la connaissance par les sens&lt;/em&gt; où il est question de l'anticipation du jugement dans la perception, difficulté due au manque d'anticipation de ma part concernant les conséquences des points développés par la suite, on arrive rapidement à la partie consacrée à l&lt;em&gt;'expérience méthodique&lt;/em&gt;, avec des chapitres forts intéressants portant sur l'analogie et la ressemblance, les concepts et les causes et enfin une note sur l'inconscient où il développe un critique de la psychologie qui invente, selon lui, des monstres, la où il y a des instincts. Erreur qui consiste donc à croire que &amp;quot;l'inconscient est un autre Moi ; un Moi qui a ses préjugés ses passions et ses ruses&amp;quot;.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Contre quoi il faut comprendre qu'il n'y a point de pensées en nous sinon par l'unique sujet, Je; cette remarque est d'ordre moral. Il ne faut point se dire qu'en rêvant on se  met à penser. Il faut savoir que la pensée est volontaire; tel est le principe des remords : &amp;quot;Tu l'as bien voulu!&amp;quot; On dissoudrait ces fantômes en se disant simplement que tout ce qui n'est pas pensée est mécanisme, ou encore mieux, que ce qui n'est point pensée est corps; c'est à dire chose soumise à ma volonté, ce dont je réponds. (...) L'inconscient est donc une manière de donner dignité à son propre corps; de le traiter comme un semblable; comme un esclave reçu en héritage et dont il faut s'arranger.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Puis vient une partie consacrée à &lt;em&gt;la connaissance discursive&lt;/em&gt; et donc au langage et à ses vaines dialectiques qui comme les &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Arguments_sur_l%27existence_de_Dieu&quot;&gt;preuves de l'existence de Dieu&lt;/a&gt; supposent en quelque sorte que &amp;quot;le langage soit aussi riche que la nature&amp;quot;. Il faut donc prendre ses précautions &amp;quot;contre les passions qui prouvent si bien ce qu'elles veulent&amp;quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Suit une partie traitant de l'action, avec des passages forts motivants consacré au fatalisme et au déterminisme ou encore au libre arbitre et à la foi :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Je ne puis vous montrer le libre arbitre comme on fait voir un ressort caché. L'esprit ne se saisit pas lui-même; il ne retrouve ses idées que dans les objets. Ne comptons pas le libre arbitre au nombre des choses qui existent. Il est trop clair qu'on peu le perdre, il suffit qu'on y consente Et nul ne peut le délivrer que lui-même. (...) S'il y avait quelque preuve du libre arbitre, je vous déterminerai donc par là (...) le principal c'est qu'il faut se faire libre. Vouloir enfin. ET ce n'est pas une remarque sans importance, puisque tant d'homme s'irritent dès que je les veux libres. Mais ne craignez pas d'être libres malgré vous; je n'y puis rien. Ici est la foi dans sa pureté; ici apparaissent les preuves théologiques, si longtemps détournées de leur objet propre, car c'est la foi même qui est Dieu.
Il faut croire au bien, car il n'est pas; par exemple à la justice, car elle n'est pas. Non pas croire qu'elle est aimée et désirée, car cela n'y ajoute rien, mais croire que je la ferai. Un marxiste croit qu'elle se fera sans nous et par les forces. Mais qu'ils suivent cette idée; cette justice qui se fera n'est même plus justice; ce n'est qu'un état de chose; et l'idée que je m'en fais de même. et si tout se fait seul, et ma pensée aussi bien, aucune pensée non plus ne vaut mieux qu'une autre, car chacun n'a jamais que celle qu'il peut avoir par les forces. (...) Le vrai penseur serait donc ce fou, qui croit ce qui lui vient à l'esprit?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Enfin, si je puis dire, il traite &lt;em&gt;des passions&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;des vertus&lt;/em&gt; et notamment de la justice où il nous propose une amusante expérience de pensée :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;On blâmerait (...) un avare, qui par une espèce de folie soudaine, paierait quelques milliers d'ouvriers pour un travail entièrement inutile, comme de creuser un grand trou, et d'y remettre ensuite la terre. On le blâmerait d'abord parce qu'il pourrait aussi bien payer ces ouvriers pour qu'ils se reposent ou pour qu'ils travaillent à quelque jardin ou maison pour eux-mêmes; en allant plus au fond, on le blâmerait par que ce travail perdu serait comme un bien dérobé à tous, en sorte que par ce caprice, il y aurait moins de légumes, moins de meuble, moins de vêtements (...) Ces circonstances supposées font bien comprendre que les hommes ont besoin de produits et non pas de travail, et que faire travailler en vain, c'est dissiper la richessse commune.
Or le riche a cette puissance, et même sans passer pour fou ou méchant, attendu qu'il trouve tout établis des métiers fort difficiles, comme tailleurs de diamants, brocheurs d'étoffes, dentellières, brodeuses, dont les ouvriers ne vivraient point sans lui. Et les produits de ce genre ont presque toujours une beauté, même pour les yeux et sans la possession, qui fait croire qu'ils sont faits pour la joie de tous ; mettons qu'il y ait un peu de vrai là-dedans. Disons enfin que ces vains ornements, qui sont comme le signe de la richesse, sont plus souvent enviés que méprisés, ce qui, en aggravant la misère par les passions, cache presque toujours à tous les yeux la véritable source de l'injustice. Ainsi on déclame sur l'injuste répartition des richesses, au lieu de blâmer l'usage injuste que beaucoup de riches en font, ce qui est pourtant la véritable et la seule injustice. Certes ce n'est pas mal penser que de désirer un certain luxe pour tous, et surtout une familiarité de tous avec de belles choses ; mais ces jouissances, en bonne justice, supposent l'aisance pour tous ceux qui travaillent de leurs mains. (...)  Si tous les riches étaient sobres et sans vanité, comme Grandet ou Gobseck, il y aurait des heures de travail en excédent dont une partie serait employée à produire pour ceux qui n'ont pas l'aisance, une autre à orner la vie de tous, et une autre encore au loisir, à l'instruction, au perfectionnement. La réforme dépend des riches, et surtout des femmes riches. Mais je n'attends pas beaucoup d'un effort directement opposé à la vanité ou à l'ivresse de plaire, non, mais plutôt d'un regard clairvoyant sur les diamants et les dentelles, avec la pensée que c'est là du pain perdu.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;L'ouvrage se conclu sur l'analyse sociologique des &lt;em&gt;cérémonies&lt;/em&gt; dont le culte où il dit :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;L'observation des choses religieuses vérifie nos principes, au delà même de l'espérance. Car, d'après ce qui a été dit auparavant, les peines d'esprit les plus cruelles doivent se guérir aisément par de petites causes, et nos vices n'ont de puissance aussi que par un faux jugement de l'esprit qui nous condamne; mais le témoignage de chacun y résiste, tant qu'il ne connaît pas assez les vraies causes. Heureusement les conversions subites, dont il y a tant d'exemples, prouvent que les passions sont bien fragiles comme nous disions, et qu'une gymnastique convenable peut nettoyer l'âme en un moment. Mais j'avoue aussi que ces faits fourniront toujours assez de preuves aux religions, faute d'une connaissance exacte de la nature humaine ; car ces guérisons d'esprit sont des miracles, pour ceux qui n'en comprennent pas les causes.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Avec Alain, nous donc avons affaire à un Cartésien qui en physiologue, veut nous inciter à penser aux causes véritables de nos passions qui nous conduisent à projeter sur la nature les ombres de nos désirs et de nos peurs. Il tient à l'objet, seul régulateur du jugement qui si il est abandonnée à lui-même se perd dans de vaines dialectiques où l'imagination produit des êtres sans queue ni tête, qui ont tôt fait de fataliser nos actions en nous destituant de notre liberté d'accepter l'absolue contingence de notre condition avec le pouvoir et les responsabilités qui nous incombent.&lt;/p&gt;



&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;Paul Fournel, Poil de Cairote&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;


&lt;p&gt;De ce livre je ne dirais pas grand chose sinon qu'il m'a proposé, par l'intermédiaire de cet attaché culturel au Caire contant quotidiennement sur plus de deux ans le récit de ces expéreinces et impressions, d'aller encore plus loin dans la rencontre d'un pays arabe, avec sa religion et ses codes et son art de vivre, mettant au carré sinon au cube ma découverte déjà bien entamée du Maroc.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me permets de vous en citer un ou deux passages :&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 Septembre 2001&lt;/strong&gt;: 11 septembre après-midi. Sont-ils vraiment obligés de sauter de joie dans les rue, de nous crier que nous sommes tous foutus et qu'ils nous auront tous? Bien sûr ce sont des gosses, mais nous sommes dans un pays où l'on comte 60% de gosses, bien sûr, le côté spectaculaire des attentats les met en joie, comme ces films américains qu'ils aiment tant.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 mai 2003&lt;/strong&gt;: Une chose que j'aurai bien ratée durant mon séjour en Egypte est le bon usage de l'autorité que m'accorde mon statut. Le moindre pouvoir donne ici le droit de traiter ses &amp;quot;inférieurs&amp;quot; comme des chiens et personne ne se prive de le faire: mépriser, parler comme on fouette , exiger, soumettre, humilier chaque fois que cela n'est pas nécessaire, pour la seule volupté de se situer sur l'échelle complexe des &amp;quot;effendis&amp;quot;, des &amp;quot;docteurs&amp;quot;, des &amp;quot;pachas&amp;quot;, des &amp;quot;raïs&amp;quot;, des &amp;quot;mohendess&amp;quot; et autres hochets. Depuis plusieurs semaines, notre garage était devenu poubelle. Des gravats s'y accumulaient, restes d'un chantier dans l'immeuble, bientôt rejoints par des poubelles domestiques que les chats éventraient. J'avais vingt fois demandé gentiment à ceux dont c'est le métier que l'on nettoie. Sans effet. Retour de Paris, je constate que les rats se sont installés dans le navire  et que, non content de verser là ses ordures, désormais on y pisse. Je vais chercher le bawab, le saisis par la robe, l'entraine devant le monceau d'immondices et lui passe, en français, un savon de première. Il baisse le turban pour se faire plus petit que moi et, une heure plus tard, tout est propre et douché.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 juin 2003&lt;/strong&gt;: Le Prophète est assis sous un arbre, à l'ombre. Un paysan qui vient au marché et tire sa chamelle au bout d'une longe s'approche de lui. &amp;quot;Que dois-je faire ? demande-t-il. Dois-je attacher ma chamelle ou faire confiance à Dieu pour la retrouver?&amp;quot; Le Prophète réfléchit un instant et lui conseille: &amp;quot;Attache ta chamelle et fais confiance à Dieu.&amp;quot; &amp;quot;Fais confiance à Dieu&amp;quot; est ce qui est gravé sur la bague que j'ai achetée dans le souk de Damas. On m'assure que le modèle &amp;quot;Attache ta chamelle&amp;quot; n'existe pas.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Je ne retrouve plus un passage traitant de l'art du marchandage qui conduit l'un des participant , acheteur ou marchand à se laisser volontairement avoir, de sorte à pouvoir réclamer plus tard, lors d'un prochain achat, une compensation pour l'injustice commise mais acceptée lors du précédent achat.
Cette remarque serait à mettre en parallèle avec une note d'Alain (que je n'ai pas citée ci-dessus) comparant la justice à un contrat dont chacun des signataire doit comprendre exactement les termes de la même façon; toute différence impliquant un enrichissement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je laisse cette réflexion pour un prochaine note.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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