Cynisme
Par Niklaus Vonderflu le quotidien du... lundi, 19 février 2007, 20:22 - Pensées - Lien permanent
photo : svenwerk
traduction du texte de la photo : place d'attente pour les personnes en chaise roulante
Bien,
Thème : De la difficulté du pragmatisme.
Aujourd'hui j'ai à nouveau fait la rencontre de ces pensées cyniques, de ces pensées qui sont comme un début de violence : j'ai pensé politique, j'ai pensé collègues, j'ai pensé travail.
Un exemple de ces pensées :
"En politique il y a certes bien des choses qui sont possibles, mais celles qui semblent impossibles pèsent tellement lourd dans la balance de la conscience que l'on ne peut que ricaner en observant l'enthousiasme de certains qui arrivent à croire en leurs valeurs et ont espoir que ces valeurs soient réalisées dans un avenir lointain, mais néanmoins représenté comme réel."
J'écoutais encore aujourd'hui quelqu'un dire :
"Avec de la volonté, on peut s'en sortir !"
Il y a pour moi quelque chose d'évident, mais je ne parviens pas à penser la portée de cette évidence, d'où le cynisme : la société se divise en différents secteurs d'activités; : les décideurs, les personnes relais, et les appliqueurs.
Cette tripartition sans doute abstraite et révisable impose néanmoins le fait que ceux qui appliquent, doivent exister, et que ceux-ci doivent en un sens accepter d'être ce maillon de la chaîne. On en a besoin.
Il est donc évident qu'il ne peut pas y avoir que des décideurs.
Donc, certes, celui qui veut, peut se hisser plus haut dans la chaîne des fonctions, mais tout le monde ne peux pas vouloir !
Cette évidence est si lourde, elle impose un tel pragmatisme, elle pèse tellement fort dans la forme de l'idéal, que l'on en est ramené à cet espoir si insatisfaisant du moins pire possible.
Il est difficile de vivre avec cette idée, il est même encore plus difficile de la faire partager, puisque le besoin de croire est très fort lui aussi.
Le cynisme, c'est sans doute en partie cette impudeur face aux croyance, c'est signaler par l'implicite la folie de la croyance : on ne peux certes pas toujours tout réaliser; je veux dire être conscient de toutes les difficultés en même temps (de toutes les attrocités, de toutes les réalités de la vie comme on dit), mais ceci empêche-t-il d'être pragmatique ?
Que croit-on en étant pragmatique ?
P.-S.[27.08.07] : voir l'auto critique de cet article.

Commentaires
C'est pourquoi des théories comme le communisme ou l'anarchisme ne peuvent rester qu'au simple plan de belle théorie ou bien dictature si elle est véritablement appliquée, pour le bien du peuple évidemment (encore du cynisme ?)
Il est illusoire et hypocrite de faire croire que nous pouvons tous être égaux en terme de capacités, de comportement.
Pour moi une vrai société égalitaire accepte les différences qui font que chacun doit trouver sa place dans la société et que chacun soit conscient de sa place, de ses forces, de ses faiblesses pour s'insérer dans cette société.
On en revient a des notions beaucoup plus simples comme lucidité, bon sens et humilité.
Et pour essayer de répondre à la dernière question , que croit-on quand on est pragmatique ?
On croit en soit, on croit aux autres, on se fait avoir, rouler dans la farine, mais on continu à croire parcequ'il n'y a pas d'autre chose en quoi croire et que malgré tout on ne peut croire que nous ne nous améliorons pas au cours des temps et des révolutions.
Que croit le pragmatique ?
Le pragmatique croit absolument en lui lorsqu'il estime qu'une certaine chose est utile, si elle lui est utile.Le pragmatique croit absolument aux autres lorsqu'il estime que c'est uniquement ce qui est objectif qui est utile à tous.
Mais entre les deux types de pargmatisme absolus décrits ci-dessus, il semble y a voir l'écart qu'il y a entre une philosophie de la vie du type Nietzsche et une philosophie de la raison, de type scientifique.
D'un coté la santé intellectuelle comme point de mire, de l'autre le bon sens collectif.
Y'a-t-il au millieu de tout cela un type de pragmatisme qui pourrait faire l'affaire ?
Si oui, ce pragmatisme ne serait-il pas un peu mou ? N'aurait-il pas abandonnée toute conviction au profit d'un pis aller, d'un "on verra" ?
Les croyances extrêmes n'ont-elles pas pour elles au moins l'apparence de la solidité ?
C'est déja beaucoup...
peut être que la perte des croyances est à l'origine du bond technologique des 200 dernières années, bond en constante accélération.
Les humains sont ils fait pour évoluer si vite ? peuvent ils s'adapter plus vite que la vitesse des mutations naturelles ?
L'humain est il contraint à la dépression jusqu'à ne plus exister en contrepartie de cette perte de repère et l'impossibilité d'en acquérir d'autres puisqu'ils sont en perpétuels mouvements?
La pensée est-elle un signe de dégénérescence dans ce cas?
Si je veux être pragmatique je réponds non, non , oui, oui, et me débarasse de mes habits pour retrouver la nature, ce qui ne serait pas un mal finalement.
Désolé, je suis un peu fatigué là.
perte des croyances...
Certes Dieu était mort disait-on, mais si malgré tout il n'est plus vivant, n'avons-nous pas plutôt changé de croyances: je veux dire on croit au big-bang, on croit au plaisir, on croit en la démocratie.
En tous les cas je crois que le bond technologique est surtout dépendant de la découverte de la transformation de matière fossile en énergie (charbon, pétrole, gaz)
Les humains sont-ils faits pour évoluer si vite ? ... plus vite que les mutations naturelles ?
Je crois que c'est homo habilis découvrant que la pierre pouvait trancher qui a définitivement fait passer l'évolution humaine à une vitesse que les mutations naturelles n'ont pu qu'accompagner (accroissement de la taille du crâne, changement de la dentition, etc..). Peut-être, en effet notre crâne, n'est il pas à la hauteur de ses créations, mais ce serait étrange tout de même. C'est plutôt sans doute notre corps qui est trop fragile, face aux moyens de destruction que nous avons inventés.
perpétuel mnouvement des repères...
Ce qui semble rester stable, c'est le referentiel qui mesure ces mouvements. Je crois que c'est Protagoras qui disait que l'homme était la mesure de toute chose. Ceci pointe vers la description que je faisais dans mon prédédent commentaire du pragmatique individualiste: philosophie individuelle par un régime intellectuel individuel.
La pensée comme signe de dégénérescence...
Tout dépend de ce que l'on appelle penser: si l'on entend par la créer, alors je dirais que non. Mais si on pense que... comme on croit que..., alors oui sans doute l'homme s'est alourdi de croyances dont l'animal peut facilement se passer.
retour pragamatique à la nature...
A mon sens il n'y a que de la nature, sauf si on tient à opposer "naturellement" la culture à la nature.