D'aucun ne s'en rendent sans doute même pas compte et elle se tient là monotone comme un puits dans une partie encore inexplorée de leur jardin, attendant que par mégarde son propriétaire s'y brise les os.

D'autres l'ont reconnue comme un rocher de valeurs qu'ils veulent inébranlables, et qu'avec une certaine fierté, ils exhibent comme leur caractère propre, sans pour autant chercher à le façonner par la conscience pour lui donner quelque style.

Enfin, il y a ceux dont je crois faire partie, qui en font le terreau essentiel de leur créativité, qu'ils bêchent à chaque nouvel ensemencement, dans l'espoir que par cet effort qui consiste à retourner à chaque fois les valeurs, pour les exposer au soleil de l'expérience et à l'air renouvelé du temps, ils accomplissent bien là les actions essentielles au renouvèlement de leur vie, et par là même, de leur génie propre.

Mais où donc trouve-t-on cette force de toujours recommencer le travail ? Est-elle désir et passion, ou bien simple volonté ?

Les philosophes cartésiens aiment à croire "avec raison" à la seconde éventualité. Mais il me semble tout autant évident que rien ne l'est sous le ciel des inégales différences, dans l'arène des dompteurs de signes et leur intentions à eux-mêmes jamais complètement avouées.

Devant le geste de ma main, tache aveugle, tu trouves toujours le moyen de te détourner de mon regard. N'est-ce que la foi, c'est à dire la "confiance en soi" qui a l'honneur de s'appuyer sur toi ?