Stoïciens et Cyniques
Par Niklaus Vonderflu le quotidien du... lundi, 27 août 2007, 21:03 - Journal - Lien permanent
photo : mariole
Ressources : Fragments et témoignages portant sur les Cyniques
Mon précédent article me laisse aujourd'hui dans une certaine perplexité, c'est ainsi que je m'en suis allé lire ou relire Epictète et des ressources portant sur les cyniques.
Je me permets de citer un passage des Entretiens d'Epictète[1] portant sur Diogène de Sinope, sans pour l'instant le commenter. Peut-être aurez-vous la bouche moins crispée que moi (ou les oreilles moins attentives diraient peut-être les cyniques)...
Notes
[1] sans avoir vérifié son originalité ni sa traduction
Épictète, Entretiens XLII
Un de mes disciples, qui avait quelque penchant pour la philosophie cynique, me demanda un jour ce que devait être le philosophe de cette secte, et ce qu'il fallait faire pour y réussir. -- Mon ami, lui répondis-je, tout ce que je puis te dire, c'est que tout homme qui entreprend une chose si grande, sans y être appelé des dieux, est aussi fou que celui qui entrerait dans une grande maison pour s'y comporter en maître, ou qu'un Thersite qui voudrait faire l'Agamemnon. -- Mais je m'accommoderai fort bien d'une guenille, d'un manteau tout rapiécé ; je coucherai à terre ; je prendrai une besace et un bâton, et je dirai des injures à tout le monde. -- Mon ami, si c'est en cela que tu fais consister cette philosophie, tu en juges fort mal. Le philosophe cynique est un homme pénétré de pudeur, et qui ne craint pas de s'exposer constamment à la vue des hommes, parce qu'il ne fait rien d'indécent. C'est un homme envoyé des dieux pour réformer les hommes, et pour leur apprendre par son exemple, que nu, sans bien, sans autre couvert que le ciel, et sans autre lit que la terre, on peut être heureux ; un homme qui traite les vicieux, quelque grands qu'ils soient, comme des esclaves ; un homme qui, maltraité, battu, aime et bénit ceux qui le battent et qui le maltraitent ; un homme qui regarde tous les hommes comme ses enfants, qui fait la ronde pour eux, qui l'avertit avec bonté et avec tendresse, comme un père, comme un frère, et comme le ministre des dieux mêmes ; un homme enfin que, malgré sa bassesse, les rois et les princes ne peuvent regarder sans respect. Et c'est ainsi qu'Alexandre a considéré Diogène.
source : Fragments et témoignages portant sur Diogène de Sinope - le Cynique et plus précisément le lien rapportant les mots d'Epictète.

Commentaires
Dans ma volonté de tendre vers zéro,
économie de mots
- Il y a fort longtemps...
Un âne le disait déjà à un vieillard :
" Notre ennemi, c'est notre maître. " -
Que de sens, que de sens...
géniale cette photo !
Pour ma part, c'est plus la qualité du texte que celle de la photo qui m'a motivé à laisser un commentaire.
Pour l'une des deux raisons évoquées, il m'est en tous les cas agréable de vous voir passer sur cette page et me réjouis que l'une ou l'autre vous ait touché(é) Il est vrai que ce texte est tout un programme de pensée n'est-ce pas ?