a: - Non, car je pourrais bien croire désirer alors que je ne désire en fait rien.

b: - Veux-tu dire que tu émettrais des désirs que tu n'aurais en fait pas ?

a: - Oui et Non. Je veux dire que qu'il se pourrait bien que je ne désire rien, mais qu'il y ait en moi des désirs qui ne m'appartiennent pas véritablement, comme si quelqu'un les avait mis en moi, et que je pourrais remarquer qu'il sont là, sans qu'en fait j'en soit le véritable sujet.

b: - Mais n'est-tu pas certain au moins d'émettre cette hypothèse ?

a: - Non, car je pourrais tout a fait être en train de rêver que je dis cela, sans véritablement le dire.

b: - Mais n'est-tu pas au moins certain que dans ce rêve que tu fais, c'est toi qui émets cette hypothèse ?

a: - Non, car il se pourrait que dans les rêves, on soit le spectateur privilégié de quelque chose qui en fait dit et fais des choses sans que se soit nous-même qui le disions ou fassions. Nous serions comme aux premières loges d'un spectacle extraordinaire qui nous inciterait par son attrait à croire que nous en sommes l'acteur principal.

b: - Mais n'es-tu pas au moins certain que tu comprends ce que tu dis ou suivant ton hypothèse, ce qui est dit.

a: - Ne se pourrait-il pas que je croie comprendre quelque chose, sans qu'en fait il y ait quoi que ce soit à comprendre ?

b: - Veux-tu dire que tu croirais que les mots désignent des choses, sans qu'en fait il y en ait ? Mais les mots ne sont-ils pas des choses ?

a: - Peut-être, mais qu'est-ce qui me le garantit ? Ne se pourrait-il pas qu'on me fasse croire qu'ils sont des choses comme le prestidigitateur me fait croire qu'il a effectivement coupé une femme en deux ?

b: - Mais croyant ceci, ne sais tu pas au moins que tu crois en quelque chose ?

a: - Non car nous retombons sur le problème de savoir qui croit...

b: - Mais percevant ce que nous nommons "ces hypothèse", nous faisons bien quelque chose non ?

a: - Peut-être, mais tout ce dont nous pourrions être certains, c'est qu'il y a ce que nous nommons de la perception, sans que nous sachions ce que c'est.

b: - Donc il y a bien une chose, la perception.

a: - Je ne suis pas sûr, car souvent je me suis trompé en raisonnant. Comment pourrais-je être certain, que ce n'est pas le cas maintenant ?

b: - Donc, il y a doute...

a: - En tous les cas, il y a ... (silence)