Il y a fort à parier que les paradoxes sont des signes qui invitent à la pensée. Ainsi, celui de la liberté et du déterminisme : Il semble que nous soyons déterminés socialement en même temps que nous somme libres par définition. N'est-ce point scandaleux ? Est-ce penser que d'essayer de désamorcer ce scandale? Essayons... Ne pourrions nous pas supposer que nous sommes déterminés socialement de façon statistique, mais pas nécessairement, alors que nous sommes libres nécessairement, mais qu'il appert que statistiquement nous n'en avons pas conscience ? Est-ce cela rendre les contraires faux et vrais en même temps ?

Mais que faire de ce résultat ?

Dois-je maintenant voter pour octroyer plus de moyens à la police ou à l'éducation et tout ce qui est supposé déterminer socialement ?

Peut-on déterminer les gens à être libres ? Sûrement pas, rappelait Alain. Mais que veut la gauche ? Réduire les souffrances mesurables? Et la droite ? Inciter à la responsabilité ? Devons-nous comme Descartes et sa morale par provision, mettre le curseur au milieu de sorte à limiter l'erreur? Devons-nous vraiment nous fier à la balance politique pour déterminer ce milieu? Qui peut se prévaloir de savoir distinguer entre les faits et les valeurs?

Bientôt je vais sans doute voter pour interdire la vente de 4x4. Est-ce vider l'océan avec une petite cuillère, ou est-ce peser de son poids d'électeur sur le bouton d'alarme écologique? Qui sait trancher ? Et si personne ne le peut, pourquoi tant de personnes s'irritent-elles ?

Il y a tant d'évidences et tant d'aveugles, qu'il semble nécessaire de mettre l'espoir au grand débarras.

Et si toute cette réflexion n'avait aucun sens? Ou plutôt si son seul sens résidait dans l'action qu'elle doit impliquer?

Est-ce qu'une pensée peut vraiment impliquer une action? Je juge que l'appartement est mal rangé, vais-je me mettre à le ranger? Seulement si je juge que mon appartement doit être rangé. Ceci ne se prouve point, ceci se croit, au mieux, se sent.

Qu'est-ce que je sens?

Je sens que l'autre est similaire, qu'il m'invite implicitement à me reconnaître en lui, mieux à me distinguer par lui. Mais comme je me distingue, j'abandonne tous les rêves de bien commun ou de l'action commune.

Je ne dois donc point faire en sorte de ne point faire à l'autre ce que je ne souhaiterais point qu'on me fasse... Car que sais-je de la façon dont l'autre se distingue?

Je ne dois point agir de telle sorte que je puisse penser que chacun ferait de même...

Je dois simplement agir de telle sorte, que je puisse désirer que mon acte se répète éternellement.

Point d'équilibre la dedans, ou plutôt si, l'équilibre du danseur, mais non de la balance...